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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Quand la littérature devient profondément ennuyeuse, je me purge !

 Quand la littérature devient profondément ennuyeuse, je me purge !

Tout cela me fait prodigieusement « ch*** » !

C’est hélas la seule phrase qui m’est venue à maintes reprises en parcourant les écrits que j’ai eu à noter dans le cadre d’un jury littéraire pour le compte d’une maison d’édition dont je tairai charitablement le nom.

Des pages et des pages de clones de ce qui fait l’indigestion des rentrées littéraires depuis quelques années : des récits où il ne se passe rien, où l’auteur écrit au sujet de son nombril quand il n’est pas en plongée en apnée à l’intérieur des circonvolutions de sa vie prénatale, où le lecteur regarde l’auteur écrire au sujet de son nombril – en apnée lui aussi ? - le tout pour le compte d’une industrie de la chose écrite qui semble prise d’une collectionnite chronique de nombrils, jusqu’à la nausée.

La rentrée littéraire – marronnier journalistique au même titre que la rentrée scolaire, l’assaut des poux sur les têtes blondes ou les sorties casquées et orales du Président - et son corollaire, j’ai nommé les prix littéraires qui tendent à se multiplier comme les petits pains christiques – notez l’ironie : pain et livre sont en vente dans les grandes surfaces et se côtoient dans les caddies - sont comparables – notez encore, j’arrête avec mes digressions avant de vous perdre ! - à ces produits alimentaires estampillés « saveurs de l’année », ces produits autoproclamés par des marques agro-industrielles.

La recette est éprouvée, la logique agro-industrielle propose donc la même logique à l’industrie littéraire.

Qui se sert jusqu’à la corde des mêmes ficelles pour saucissonner le lecteur dans ses rets gluants et insipides.

Ce n’est pas bien de copier !!! Même sous couvert de méthode marketing !

Il faut appâter le chaland, le gaver du même produit sans trop de saveur marquée, pas trop différent d’une année sur l’autre pour ne pas le brusquer mais juste assez pour justifier la nouveauté, il faut le rassurer, lui donner envie d’acheter « Prends moi, je suis le clone du best-seller de l’année dernière et de celle d’avant. Je suis rassurant, un doudou de papier, je ne vais pas te désarçonner, avec moi tu vas te rendre compte combien c’est classe de se gargariser de la littérature au rabais et de la coucher sur le papier que tu vas acheter avec un joli bandeau rouge pour empaqueter le tout et le rendre plus présentable, plus désirable, plus érudit, plus pseudo intellectuel aussi. Verse une larme sur moi et sur toi mais, pitié, ne va pas penser à tout chambouler, tu ne serais pas à la mode, dans l’air du temps triste et nombriliste, sur le repli sur soi et sur la société en déliquescence… »

Car la littérature contemporaine est comme la société : morose et sclérosée.

Elle doute, elle hésite, elle tergiverse, elle se vomit, elle pleure sur son sort plutôt que de saisir l’immense opportunité que l’époque nous propose : repartir de l’avant, changer nos certitudes, considérer les choses autrement, remettre du sens dans la coquille vide.

A la place de « elle », relisez la phrase précédente en substituant « la littérature » ou « la société ».

Incroyable ! Ça fonctionne tout autant pour l’une que pour l’autre !


Alors, oui, la littérature tout comme la société manque de créativité, d’allant, d’esprit de découverte, de témérité, d’esprit épique, d’envie d’aller de l’avant, d’insufflation d’autre chose que la misère, un truc qui s’appelle le rêve par exemple…


A la place de cela…des geignards…de la catharsis des malheurs… du pessimisme… du misérabilisme à chaque page.

Ce qui induit que le malheur, la déprime est « in » et nous sommes suspects si nous parlons de bonheur, de réussite et si nous levons les yeux vers autre chose que la grisaille.


Souffrez que je referme ce livre et que je m’offre une purge salvatrice !


Attention, qu’on ne se méprenne pas.

Je ne fustige pas les écrits qui se voudraient intimistes, sensibles. L’empathie est une qualité rare et précieuse pour que nous ayons la conscience des autres et des limites à l’individualisme.

La littérature sert aussi à parler de ce qui fait affliction, ce qui nous heurte, des petits riens qui font la vie, en bien comme en mal.

Mais n’est-ce pas faire montre d’un esprit un brin trop étriqué lorsqu’elle ne se limite quasiment plus qu’à cela ?

La tranche de vie fadasse -pour le badass faut chercher - , c’est bien mais ça manque d’imagination et de créativité.

Ouvrir un livre, c’est aussi l’occasion de s’évader.


Horrible rebelle que je suis à l’ordre établi, il me vient une pensée délirante.

Et si nous étions abreuvés de ces pages désespérantes pour nous engluer dans notre veautitude ? Vous savez, comme ces programmes télévisés juste proposés pour nous purger l’esprit et le rendre réceptif aux pages de pub ?

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À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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