Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

C'est lu : « 2084. La fin du monde. » de Boualem Sansal

C'est lu : « 2084. La fin du monde. » de Boualem Sansal

L’histoire :

L’Abistan est un immense empire qui tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son modèle se base sur l’amnésie totale du peuple (historique entre autre…) et sa soumission au dieu unique et à la doctrine qui gouverne tous les aspects de la vie y compris la pensée personnelle. Cette dernière est d’ailleurs bannie et tout contrevenant peut être repéré et condamné par un système de surveillance omniprésent qui permet de connaître les idées et les actes déviants.

Selon la propagande gouvernementale, le peuple est heureux, uni dans une foi totale qui se passe de toute remise en question et de tout sens critique. D’ailleurs, il est interdit de douter sous peine de se voir exécuter en place publique…

Ati, un obscur employé de mairie qu’une tuberculose soignée dans un sanatorium-mouroir a tenu éloigné de la non-vie de l’Abistan pendant 2 années, se met justement à douter des certitudes imposées.

De plus en plus secoué par sa réflexion, il cherche à en savoir plus sur l’existence d’un peuple de renégats vivant dans des ghettos et qui se passe de la religion.… d’autant plus que es découvertes archéologiques viennent chahuter les croyances…


Avis :

Bienvenue en Abistan !

Venez profitez de son Système totalitaire religieux mais aussi de :

- la pensée personnelle bannie

- la soumission totale à la religion

- le système de surveillance omniprésent

- le système dictatorial régi par des règles et des rituels codifiés, très précis,

- la police politique et la répression

- une langue (la novlangue) créée pour renforcer ce système

- la glorification de la Guerre Sainte et de la mort en martyre pour la cause

- sa grande fraîcheur : officiellement, l'Histoire n’existe pas avant Abi.


Pas sûre que le programme vous donne envie. Pourtant, vous serez proche de l’univers radieux de « 1984 » d’Orwell.

Mais pas uniquement.

« 2084 » n’est pas une réécriture de « 1984 » mais le roman d’Orwell pose l’idée de base d’une société étouffée sous le joug du contrôle total. Boualem Sansal s’en empare pour livrer sa propre vision d’un monde vidé de toute possibilité de réflexion et de remise en cause des dogmes.

« 2084 » est donc un roman qui prend son fond dans la réalité du totalitarisme et du radicalisme.

Empruntant à la fable, sa lecture nécessite une attention soutenue pour bien saisir le propos de l’auteur qui lorgne parfois vers la philosophie. L’accès au texte n’est pas aisé. Le rythme de lecture sera donc lent, d’ailleurs le rythme de l’histoire invite au calme.

Si l’écriture est belle, le tout manque peut-être d’un peu de chaleur et de souplesse. Le lecteur, tout comme le héros, reste dans une position d’observateur extérieur tout au long des pages. Cela peut déconcerter…

« 2084 » ne me semble pas un livre « pour tout le monde » sans propos péjoratif !


Enfin, si tout ceci vous rappelle vaguement une certaine réalité, sachez qu'à aucun moment, le mot «islam» n'est mentionné, mais le système visé est bien l'islamisme radical ainsi que l’a annoncé l’auteur.

A vous de vous faire votre avis sur « 2084… » !


« 2084. La fin du monde » de Boualem Sansal, Collection Blanche, Gallimard.

Ce roman a été distingué par le Grand prix du Roman de l'Académie française 2015.

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost 0

À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
Voir le profil de Sandrine Virbel sur le portail Overblog

Commenter cet article