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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Rencontre littéraire avec Fanny Chiarello

Rencontre littéraire avec Fanny Chiarello

 

Elle arbore une chevelure argentée coupée à la garçonne.

Son rouge à lèvre carmin lui dessine une bouche malicieuse et mutine.

Elle me fait penser à ses pionnières, venues damer leur pion aux hommes sur leur soi-disant terrain. Aplomb, confiance et allure de conquérante.


 

Fanny Chiarello est venue nous parler de son nouvel ouvrage et ça va pulser !


 

Préparatifs au vol.

Née en 1974, Fanny Chiarello vit à Lille.

Elle est l'auteur de plusieurs romans et recueils de poésie.

Elle a publié trois romans aux Éditions de l'Olivier : L'éternité n'est pas si longue (2010), Une faiblesse de Carlotta Delmont (2013) et Dans son propre rôle(2015), qui a obtenu le prix Orange du livre, le Prix Landerneau Découvertes et qui a été sélectionné pour le prix Françoise Sagan.

En août 2016, elle publie  Le zeppelin …


 

Conversation radio. « Equipage du zeppelin, vous nous captez ? »

Pourquoi avoir choisi une rupture nette entre votre précédent roman et celui-ci ?


FC : Il n’y a pas vraiment de rupture. Le précédent roman n’était pas de facture classique, j’aime changer de forme, mêler des genres. C’est du roman expérimental.

Pour ce roman, il était important de revenir a du « déconstruit ». La réception de mes derniers romans a été décevante malgré leur succès. La manière m’intéresse plus que la narration, ce qui n’est pas toujours perçu ou compris.

Le zeppelin est l’histoire de 12 personnes dont mon double.

12 personnages surpris par le passage d'un immense zeppelin au-dessus de la petite ville de la Maison: les réactions sont tout à fait inattendues... d’autant plus que la vie dans cette charmante ville plutôt tranquille n’est pas des plus exaltante malgré ses bizarreries.

D’ailleurs, les récits livrés par les personnages dépeignent un monde farfelu, loufoque. A tour de rôle chacun prend la parole et complète le roman. C’est, d’une certaine façon, un « livre chorale ».

Pour l’écriture, j’ai pris modèle sur les films catastrophes des années 70. C’est également une écriture à la Brautigan qui s’amusait à se servir de la trame des romans « de genre ».

L’arrivée de ce zeppelin est vécu comme dans un film catastrophe avec ses entrées multiples qui toutes confluent vers le point culminant du roman.


 

Brautigan est cité 2 fois d’ailleurs.

Oui, Ce livre est une sorte d’hommage.

Brautigan a côtoyé un peu la beat generation qui bousculait les genres. Il aimait et usait beaucoup de l’humour loufoque. C’est un incompris qui a fini par se suicider.

Ce zeppelin qui apparaît soudainement dans mon roman est une incongruité totale.

Il est considéré comme une menace extérieure par la ville qu’il survole.

Menace extérieure … pour un intérieur loufoque : l’équipage du zeppelin est occupé à assister à un spectacle inoffensif, totalement benêt.

Dans la ville, un seul habitant ne suit pas le mouvement de défiance de ses concitoyens et refuse de voir dans ce zeppelin une menace ou un possible défouloir.


 

Le livre commence avec un préambule. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, il y a un préambule assez particulier dont la présence concoure au lancement du roman.

Il faut savoir que ce livre a nécessité 10 ans d’écriture, il a été réécrit en totalité puisqu’il y a eu 6 autres versions jusqu’à celle-ci. Le 1er chapitre a été écrit récemment.

Autre particularité, le Zeppelin est édité en même temps qu’un recueil « je respire discrètement par le nez » disponible chez un éditeur belge. C’est un journal de l’époque de l’écriture du zeppelin.


 

Quelle est la part entre la réalité et la fiction ?

Les personnages ont tous quelque chose de ce que j’étais à l’époque de l’écriture.

Là encore, on peut y voir un hommage à Brautigan. Les personnages ont des petites vies, on les voit faire leurs courses, c’est l’expression du quotidien, des petits détails de l’époque. Pour autant, ils ne restent pas nécessairement dans les cases où leur naissance ou leur appartenance à un milieu aurait pu les condamner.


 

Vous avez parlé d’un univers loufoque par certains aspects, c’est à dire ?

La Maison  puisque tel est le nom de la ville où se déroule l’histoire est imaginaire, elle est composée de plusieurs rues et d’un canal.

L’une des rues se nomme Rue Canard-Bouée  en hommage à un psychiatre qui a développé un traitement face au syndrome de la perte traumatique des bouées en forme de canard lors de l’enfance : le malade doit jeter ce qu’il a de plus précieux dans le canal Saint-Divan pour espérer guérir. Même s’il s’agit d’une personne à précipiter dans le canal !

La ville et ses habitants constituent un microcosme qui se débat dans son propre obscurantisme.

Par exemple, vous remarquerez que tous les habitants ont un prénom qui commence obligatoirement par « s ».


 

« Équipage du zeppelin, vous pouvez commencer vos manœuvres d’approche ! ». Fin de la conversation radio.


 

Merci à la médiathèque Georges-Wolinski de Noisy le Grand (93) qui a rendu possible cette rencontre.


 

Blog de Fanny Chiarello :

https://www.fannychiarello.com/

Le Zeppelin, éditions de l’Olivier, 2016, 222 p., 18 €

Je respire discrètement par le nez, éd. Les Carnets du Dessert de la Lune, 2016, 98 p., 13 €


 

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À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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