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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Le Bouddhisme et l'Occident.

(Cet article a été rédigé à l'origine pour l'ESRA, Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, vous pouvez le retrouver avec les contributions d'autres internautes sur http://es.ra.free.fr/)

 



 

Le Bouddhisme et l'Occident.

C'est une antique prophétie, vieille de douze siècles ...
Et cette prophétie dit en substance : "Quand l'oiseau de fer volera dans les
cieux et que les chevaux auront des roues, les Tibétains éparpillés à
travers le monde comme des fourmis, alors le dharma (la voie) arrivera dans
les pays de l'ouest..."

Aujourd'hui, les avions nous survolent, nos chevaux mécaniques nous asphyxient, nombre de Tibétains sont en exil depuis 1959 et le bouddhisme devient le sujet privilégié des stars du showbiz!

Religion, philosophie, mode, erreur de compréhension, tout se mêle pour
générer des malentendus dans l'esprit du pauvre scarabée :o)))

Un petit retour en arrière s'impose pour nous aider à saisir l'essence du sujet.
Je vous propose un bond dans le temps, venez, nous partons en 560 avant Jésus-Christ, au nord de l'Inde.

A cette lointaine époque, un jeune Prince de la lignée royale des Gautama prit un jour conscience que l'homme était une créature qui souffrait, qui vieillissait et qui mourrait.
La cour, diligentée par le Roi, tenta de le divertir, de lui faire croire que tout cela n'existait pas, mais ce fut en vain.
Sous le choc de cette réalité, rongé par sa rencontre de la souffrance humaine et de la mort, il quitta son univers de richesse et de vie facile.
Il décida de devenir ascète, puis ermite, méditant pendant des années et des
années à la recherche d'une réponse à sa torture morale. Sa quête obstinée manqua même de lui ravir la vie jusqu'à ce qu'il constate qu'il faisait fausse-route.

Un matin, alors qu'il avait passé sa nuit en méditation, il s"éveillât".
Il devint Bouddha, littéralement "l'éveillé" en sanskrit.
Il n'était qu'un homme (surtout pas un Dieu !) mais il venait de découvrir la
Vérité !
Il fallait échapper à la souffrance, à la mort et aux réincarnations qui rejetaient sans cesse dans le cercle vicieux du recommencement (le samsara).
Il fallait mener une vie positive par la teneur des actes et des
pensées (c'est le karma) ce qui mène à la délivrance, la dilution dans
l'univers (le nirvana).
De la découverte de la Vérité, il conçut une grande paix intérieure qu'il lui fallait partager pour le salut du plus grand nombre.
Jusqu' à sa mort, 45 années plus tard, il n'eut de cesse d'enseigner sa
découverte et les moyens de parvenir à l'Eveil.
" Tu ne dois pas prendre mes mots juste pour mes mots mais tu dois être
comme le forgeron qui brûle la matière pour en faire de l'or." disait-il à
ceux qui lui demandaient de les guider.

Au fil des siècles, son enseignement chemina en Asie et se partagea en trois
grandes tendances qui existent toujours de nos jours :

- le bouddhisme indien
- le bouddhisme tibétain (dit lamaïsme)
- le bouddhisme japonais (dit zen)

En Occident, le bouddhisme a longtemps été très mal perçu.
Au XIXème siècle, nous l'accusions d'être trop nihiliste et trop pessimiste, le
paradis et "Dieu" n'existant pas dans la doctrine contrairement aux
croyances de nos religions judéo-chrétiennes.
Le bouddhisme avait même une teinte sulfureuse : nous le suspections de flirter
avec le paranormal par le biais des supposés pouvoirs des lamas tibétains.
Le mythe du bonze en lévitation avait la vie dure!

De nos jours et notamment depuis le début des années 90, nous observons un
retour à la vie intérieure spirituelle, sur fond de crise économique, de craintes
millénaristes liées au passage à l'an 2000 ou encore de peur des actes terroristes d'ampleur.
Pour conjurer l'angoisse, il fallait du profond, du spirituel, du chamanique...
Le chemin était tout tracé pour la naissance d'un « bouddhisme occidental » qui
mêle avec bonheur la sagesse de l'Orient et les principes des religions
monothéistes.
Jamais nous n'avions encore vu une "religion" s'accommodant librement des
autres spiritualités, offrant par la même occasion un second souffle à nos
vieilles croyances en perte de vitesse. En effet, nous pouvons être bouddhiste en
dilettante, méditer à la pagode et rester attacher à notre tradition.
Cette incroyable liberté de penser explique en partie le succès du
bouddhisme mais irrite quelque peu les puristes de la religion.
Car le pratiquant se sent tellement libre qu'il commet quelques erreurs dans
l'assimilation des préceptes.
L'une des erreurs les plus fréquemment commises est la croyance en un
nirvana semblable à l'Eden.
Or, il s'agit uniquement de la dissolution de l'être dans l'univers, sans vie
éternelle dans un monde enchanteur.
L'apprenti bouddhiste pense alors avec intérêt qu'il vivra plusieurs vies
dans le cycle des réincarnations en oubliant au passage que le but est
justement d'échapper à cet éternel recommencement. Les réincarnations ne
sont que souffrances pour le vrai bouddhiste et signifient qu'il n'a pas
atteint l'Eveil. Il doit donc "repartir pour un tour" jusqu'à ce qu'il soit
enfin détaché de notre monde.
Nous arrivons au paradoxe d'un pratiquant qui veut vivre une multitude de vies
(attrait de connaître plusieurs type d'existences : homme, femme, riche,
pauvre...) pour enfin prendre son repos éternel au nirvana
(paradis-récompense des vies terrestres).
Bien sûr, Bouddha est érigé en figure quasi divine alors qu'il ne doit pas
être considéré comme un dieu mais plutôt comme une sorte de conseiller
spirituel.
Les médias ne s'y retrouvent pas, les journaux font leurs unes avec le
bouddhisme, véhiculant souvent les erreurs de compréhension.

De toute façon, s'afficher avec le Dalaï-lama, c'est faire de l'audience positive, redorer son blason. Alors, tout le monde y va de son entretien avec le nouveau maître à penser de l'occident au risque de perdre le message authentique.
Heureusement, la force du bouddhisme (et ce qui fera oublier ses erreurs d'implantation
dans nos pays), c'est son principe de non-violence, sa sérénité et sa
sincérité profonde.
Et puis, comment reprocher quelque chose à ces drôles de bonshommes en toge safran qui œuvrent pour le bonheur de chaques créatures terrestres, tout là-haut, sur le toit du monde...

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À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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