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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Souvenir... un moment de grâce musicale...

Souvenir... Un moment de grâce musicale...

Dernièrement, j'ai emmené ma fille à un concert de musique classique qui proposaient des œuvres de Chopin et de Beethoven interprétées par des élèves de l'école de musique de ma ville.

Le propos était alléchant : offrir une interprétation explicative des pièces musicales qui soit accessibles aux néophytes.

L'objectif avoué de ce concert était donc de nous aider à entrer dans le cœur même de la musique et comprendre ce qui pouvait se cacher derrière les notes et les mélodies en corrélation avec le vécu et le ressenti du compositeur.

Lorsque la pianiste a entamé les premiers mouvements d'un morceau de Chopin, mon esprit s'est littéralement envolé.  L'air de la salle de concert me semblait vibrer.

J'ai remonté le temps, je suis revenue dans le salon de la demeure de Georges Sand où Chopin, assit devant le piano, assurait l'animation musicale lors d'une réception huppée.

Il joue pour attirer l'attention de son aimée, tandis qu'elle discoure sur la littérature  avec ses invités.

Il jette toute son âme dans son frappée de note, tour à tour doux, nostalgique, revendicatif, impatient et suppliant.

Je me suis soudain demandée où avaient disparu cet homme, cette femme, leurs craintes, leurs joies, leurs envies et leur passion.

Où était donc passé cette portion de vie que la musique ressuscitait fugacement dans cette salle d'auditorium ?

Qu'étaient donc devenus cette époque, les personnes qui y avaient vécu qu'ils soient illustres ou inconnus ?

Disparus, avalés par le temps,  oubliés à la faveur d'autres événements, broyés irrémédiablement.

Oubliés par la plupart des gens, insensibles.

Dilués dans le néant .

Et ce moment de grâce les réanimait, petits fantômes faiblards, petites lueurs prêtes à s'éteindre au moindre souffle du temps, parenthèses enchantés dans le quotidien...

Plus les notes se déliaient sous les doigts experts de la pianiste, plus j'étais émue.

Chopin, Georges Sand et tant d'autres de leurs contemporains revivaient un peu grâce à la musique. Ils n'étaient plus perdus dans le néant puisque ce moment me permettait de les évoquer.

Alors, j'ai été submergée par l'émotion, ma fille assise sur mes genoux, heureuse de partager ce moment précieux.

Un film m'est revenu à l'esprit, Equilibrium, à tord considéré comme un ersatz de Matrix à sa sortie et injustement passé inaperçu.

Dans un monde futuriste où toute émotion est bannie pour le bien de l'humanité, le héros, pourtant chargé de faire respecter le règne de la non-émotion, pleure en écoutant pour la première fois de sa vie, au péril de sa propre vie, les premiers mouvements d'une symphonie de Beethoven... il en sera bouleversé à tout jamais au point de mettre en question ses plus vives croyances.

Cette scène forte, symbolique, justifie le film à elle seule.

Alors, vous qui pensez que ce type de concert n'est pas fait pour vous, ne vous en privez pas, entrez dans la musique, seul, avec vos enfants ou qui vous désirez... ne laissez pas le règne de la non-émotion vous gagner, n'ayez pas peur de votre sensibilité...

 

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Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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