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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Les échecs, « Roi des jeux, jeu des rois »…

Art, jeu, sport ou stratégie militaire ?


Un peu de tout cela à la fois et bien plus encore !



Un plateau carré de 64 cases blanches et noires, 32 pièces dont 16 blanches et 16 noires et une expression mythique « échec et mat ! », voilà la base pour se perdre corps et esprit dans le plus incroyable et le plus prestigieux des jeux...






A l'origine, un jeu indien.


L'ancêtre connu le plus ancien de notre jeu d'échec moderne est un jeu indien nommé « chaturanga ». Ses traces remontent entre le Vème et le VIIème siècle. Deux textes en sanskrit mentionnent ce jeu : le Vasavadatta, écrit en 600 et le Harshascharita, écrit vers 625. Ce dernier décrit un échiquier de 64 cases qui permet d'apprendre le « chaturanga », nom sanskrit des échecs.

En 850, deux autres ouvrages permettent de faire connaissance avec les pièces du jeu qui sont celles d'une armée : fantassins, cavaliers, chars et éléphants.

Un jeu très similaire est connu dans la civilisation chinoise, le « xianqqi », qui remonterait à  569.


« Shah Mat ! » : « le roi est mort ! » 


En l'an 600, le jeu indien se propage jusqu'en Perse où il prend le nom de « chatrang ». Par la suite, iI prend le nom de « shatranj » lors de l'invasion de la Perse par les Arabes qui seront les véritables promoteurs de ce jeu.

Les premiers traités de jeu et les premiers champions apparaissent au cours des IXéme et Xème siècles. La foi musulmane interdisant de représenter des êtres animés, les pièces du jeu sont stylisées.

Nous découvrons alors les pièces suivantes :

le roi (Shâh), le conseiller (Farzin ou Vizir), l'éléphant (Fil), le cheval (Faras),l'équivalent de la  tour moderne (Roukh) parfois représenté par un char de guerre, le soldat (Baidaq)...


An mille, l'expansion des échecs en Occident...


Il est possible que l'arrivée des échecs en Europe se soit sans doute faite par l'Espagne musulmane, en an mille.

L'échiquier et les pièces s'occidentalisent : le plateau devient bicolore avec des cases rouges et des cases noires (elles deviendront plus tard blanches et noires). La pièce du Vizir devient fierge (ou vierge), puis reine et/ou dame ; l'éléphant devient le  fou...

Vers la fin du Moyen Age, le jeu espagnol devient très rapide et l'annonce « Échec au roi »  est alors utilisée.

Peu avant 1700, nous pouvons considérer que les règles du jeu moderne sont quasiment établies. Bien que les premiers traités d'échecs remontent à l'époque arabe, la stabilisation des règles en Europe donne naissance à une littérature théorique très riche avec notamment l'élaboration des premiers systèmes d'ouverture (premiers coups de la partie qui correspond à une phase très codifiée).


Puis ce sera l'ère des premiers tournois d'échecs qui verront s'affronter les pays d'Europe pour la suprématie du jeu d'échec.

Tout à tour, l'Espagne, le Portugal, l'Italie avec  une virtuosité et un sens artistique très développé se disputeront le titre d'élite échiquéenne.

Ils seront détrônés par les joueurs français puis anglo-saxons puis par les joueurs venus d'Europe centrale.

Enfin, l'URSS s'emparera de la symbolique des échecs pour tenter d'affirmer la suprématie de son idéologie. Véritables usines à joueurs, les écoles d'échecs soviétiques recrutent les futurs prodiges dès leur plus jeunes âges et les dressent littéralement à ne plus « penser », « ressentir », « vivre » par les échecs.


A ce titre, les tournois qui verront s'affronter Soviétiques et Américains restent des joutes d'anthologie, notamment entre Spassky et Fischer en 1972... en filigrane, au-delà du jeu, les joueurs et leurs nations s'affrontent sur le thème de l'idéologie qu'ils défendent.


Enfin, les derniers champions d'échecs sont à chercher du côté de l'informatique et de l'électronique...


En 1996, IBM lance le programme informatique Deep Blue contre le russe Kasparov... l'humain remporte les parties.


En 1997, le programme évolué Deeper Blue, toujours fruits des ingénieurs d'IBM, défait ce même Kasparov...




Un jeu aussi symbolique de la vie, de la société et de ses enjeux ne pouvaient laisser le monde des arts indifférent...



Je vous propose deux ouvrages de fiction qui vous donneront envie d'en savoir plus sur le jeu.


Le premier est  Le Joueur d'échecs, nouvelle de Stefan Zweig.

Deux champions d'échecs s'affrontent sur un paquebot. Tout semble les séparer hormis leur science du jeu. : le champion en titre, d'une origine modeste se révèle redoutable tacticien tandis que son adversaire est un aristocrate, qui,  isolé pendant la répression nazie, n'a pu pratiquer le jeu que mentalement. Magnifique peinture psychologique, cette nouvelle reste l'un des pièces maîtresses de l'œuvre de S. Zweig.


Le second est Le Tableau du maître flamand, un roman d'Arturo Pérez-Reverte.

Une restauratrice de tableaux découvre une inscription cachée sur un tableau de 1471 « La partie d'échecs ». Cette inscription latine est : QUIS NECAVIT EQUITEM? ce qui signifie « Qui a tué le chevalier? »

Dès lors se noue une intrigue policière qui tient le lecteur en haleine. La partie entamée en 1471 et décrite sur la peinture a des répercutions dans notre monde moderne et provoque des meurtres à plus de 5 siècles de distance...

Roman policier remarquable, cet ouvrage mêle habilement l'enquête et le jeu en lui-même et fait la part belle à la stratégie.


Si vous voulez prendre vos premières leçons en ligne, une petite visite sur le site suivant : échecs



Pour conclure, voici quelques mots d'Alessandro Salvio, grand théoricien italien de la Renaissance dans « Ode sur le jeu des échecs » en 1612 :


«  Des rois, des reines, des fous, des cavaliers, des tours et des pions qui se font la guerre sur des cases blanches et noires dans le champ d'un bel échiquier carré, sans causer ni la mort, ni l'effroi, ni les larmes. Ce n'est pas la fortune mais la véritable force de l'esprit qu'on y déploie. Je vous invite donc tous à un si digne spectacle qui présente à la fois la guerre, l'escrime, le duel, la tragédie et le jeu. »





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Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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Virginie 04/11/2008 14:43

Grâce à toi je vais être incollable sur les échecs, hihihi!!!
bises

Sandy458 04/11/2008 18:31


hi,hi,hi... ça fait toujours bien dans les "dîners en ville" ;-)
S tu ne connais pas les livres dont je parles et si tu as l'occasion de les lire, tu m'en reparleras?

bises!!!