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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Le vent dans les saules (4ème partie)

Cette période d'incertitudes, de doutes et de souffrances intérieures dura un bon nombre d'années en fait jusqu'à ma quinzième année.

 

Lorsque j'examinais l'image que me renvoyais le miroir je ne me reconnaissais plus.

 

Comme le petit Nico de 5 ans qui se serrait contre sa Moma avait changé !

 

J'avais aujourd'hui 10 ans de plus, une voix qui prenait un ton grave, des épaules qui s'élargissait et un estomac criant sans cesse famine.

 

J'étais pourtant très loin des souvenirs que j'avais de mes parents.

J'étais beaucoup plus petit qu'eux et je n'avais aucun espoir d'atteindre au moins la taille de ma mère - 1m80. De toute façon, je n'avais pas envie de leur ressembler.

 

Deux problèmes vinrent se poser à moi et me torturer : je n'avais aucun semblant de duvet sur les joues et je commençais à sentir les tiraillements de ma sensualité naissante.

Des élans charnels montaient en moi et me forçaient à me mettre en campagne pour trouver le moyen de réaliser mes premières expériences.

Je n'avais aucune idée de ce que pouvaient réellement être les subtilités des jeux amoureux ce qui me complexait terriblement.

Ces questions d'ordre purement sensuel me hantaient tant que je négligeais mes leçons et mes devoirs. Monsieur Radeztski ayant été remplacé par Monsieur Provignon, ce dernier ne savait plus comment me prendre.

 

Le vent dans les saules me chantait un air lourd de désir et de frissons d'amour. Pourtant, je craignais la douleur de tomber amoureux et son cortège de désillusions.

 

Je disparu un après-midi entier hors du manoir et de la propriété et cette escapade fut l'occasion de rencontré un jeune homme un peu plus âgé que moi avec qui je sympathisais rapidement.

 

Je marchais sur la route poudreuse d'un chemin de campagne lorsqu'une vieille guimbarde  poussive me dépassa.

 

Après un tournant de la route, je retrouvais le véhicule, arrêté sur le bas-côté.

 

A mon approche, le conducteur descendit de sa voiture et se planta devant moi.

 

Il me dépassait d'ailleurs d'une bonne tête et ses yeux bleus me surprirent par un je ne sais quoi d'un de dérangeant.

 

Lui : « Salut !

 

Moi : Salut !

 

Lui : Tu habites près d'ici ?

 

Moi : Oui, j'habite au manoir. Et toi ?

 

Lui : J'habite dans une ferme, pas loin de chez toi. Comment tu t'appelles ?

 

Moi : Nicolas, enfin, on m'appelle Nico.

 

Lui : Moi, c'est Nathan. Je peux te conduire quelque part ? Je vais en ville.

 

Moi : Ok, ça va pour moi, ça me dit d'aller en ville ! »

 

Nathan me fit signe de monter à ses côtés et la guimbarde démarra aussitôt dans un nuage de poussière.

 

Je goûtais au vent et à la liberté, préférant oublier la fureur de Tante Amélie qui m'attendrait au manoir.

 

Nathan tira un paquet de cigarettes de sa poche et me le présenta. Je n'avais jamais fumé de ma vie mais je ne pouvais pas me permettre de passer pour un imbécile devant mon nouveau compagnon.

 

J'en acceptais donc une et la portais à mes lèvres. Nathan alluma nos cigarettes avec l'allume cigare puis appuya sur l'accélérateur.

 

Je me retenais de tousser en avalant la fumée de ma cigarette tout en me cramponnant à mon siège, les poumons en feu et le cœur au bord des lèvres.

 

Nous arrivâmes sains et saufs en ville où Nathan proposa de me payer un verre dans son café favori.

 

En fait d'un verre, il commanda une bouteille entière, désirant sceller notre nouvelle relation autour d'un pot de l'amitié. Etant la première fois que je buvais de l'alcool, je ne tardais pas à sombrer littéralement...

 

 

Une caresse de satin me tira de mon sommeil tandis qu'une douleur à la tête et un mal de cœur m'assaillaient violemment.

 

J'ouvris les yeux tant bien que mal et je sursautais. Une fille était couchée à mes côtés ! Ses cheveux roux s'étalaient en éventail sur l'oreiller. Elle sembla se réveiller, ouvris les yeux et me lança un sourire goguenard.

 

Sans paraître gênée le moins du monde, elle se leva et je constatai alors qu'elle était totalement nue. Elle me lança un dernier regard amusé puis elle disparu derrière une porte.

 

Nathan ne tarda pas à débarquer dans la chambre.

 

Moi : «  C'est pas possible, qu'est ce que je fais ici ?

 

Nathan : Quoi ? Mais, on est chez ma sœur. Et je te ferai remarquer que tu as dormi à ses côtés !

 

Moi : (en balbutiant) Mais... mon dernier souvenir remonte au café ?

 

Nathan : (en partant d'un grand fou rire) ça ne m'étonne pas, il a fallu que je t'amène ici, tu ne pouvais plus faire un pas de plus !

 

Moi : Qu'est ce que je vais prendre en rentrant chez moi...

 

Nathan : Dis-donc, tu te rends compte que tu as dormi avec ma sœur ?

 

Moi : Je t'assure, je ne savais pas qu'elle était là !

 

Nathan : J'en connais qui aurait tué père et mère pour être à ta place...

 

Moi : Ecoute, je suis désolé de tout cela mais il faut absolument que je rentre chez moi. Tu peux me raccompagner ?

 

Nathan : A ton service, on y va ! »

 

Je passe sur les détails de mon retour au manoir, sur la claque magistrale que m'asséna une Tante Amélie en furie, la douleur cuisante sur ma joue et les larmes que je ravalais, trop fier pour craquer devant elle.

 

Comme punition, elle me boucla dans ma chambre pour une durée indéterminée avec permission d'en sortir uniquement pour les repas.

 

Durant mon confinement qui dura une semaine, je ne cessais de songer à la sœur de Nathan dont j'ignorais le prénom.

 

Je revoyais sans cesse la fermeté de son jeune corps, ses longs cheveux roux formant un écrin pour sublimer ses belles épaules et sa poitrine menue... Elle était la première jolie fille que j'avais vue de ma jeune vie et la simple évocation de son image me plongeait dans une rêverie infinie. Il fallait que je la revoie à tout prix, j'étais prêt à braver toutes les Tantes Amélie de la terre s'il le fallait.

J'avais envie de sa seule présence et cela tournait à l'obsession.

 

Ne pouvant sortir durant le jour sans m'attirer les foudres de la maîtresse des lieux, je décidais de la tranquillité relative de la nuit pour m'éclipser. Je grimpais sur le rebord de ma fenêtre, je me fis glisser le long de la gouttière puis je m'enfonçais sous les grands saules. La situation avait de quoi me faire sourire, j'étais soudainement dans la peau du héros qui défie tous les dangers pour retrouver la liberté et conquérir une belle.

 

Je savais que le portail d'entrée était fermé à cette heure et d'ailleurs, il était bien trop haut et muni de flèches acérées dissuasives. La perspective de risquer d'y finir empalé n'était pas des plus réjouissantes, même par amour pour une belle rousse.

 

Du côté des dépendances du manoir, la grille se transformait en un mur de vieilles pierres parfois délabré qu'il fut un jeu d'enfant d'escalader.

 

Je me retrouvais sur la route luisante au clair de lune et commençais à marcher d'un bon pas.

 

J'avais une petite idée quant à l'endroit où devait vivre Nathan. Il devait certainement s'agir de la vieille ferme sur la colline dont on m'avait déjà parlé.

 

Lorsque j'arrivais près de l'imposante bâtisse, un chien me tint à distance, grognant et le poil hérissé.

 

Au premier étage, une fenêtre éclairée s'ouvrit dans un grand fracas de gonds mal huilés et le canon d'un fusil scintilla sous l'éclat de la lune. Je me demandais soudain ce que je faisais là et s'il ne valait pas mieux que je m'enfuie à toutes jambes.

 

Une voix : « Qui est là ? Qu'est ce que vous voulez ?

 

Moi : Heu... est-ce que Nathan habite bien ici ?

 

Une voix : ça dépend... qu'est ce que vous lui voulez ? Comment vous vous appelez ?

 

Moi : Je m'appelle Nicolas et je suis un ami de Nathan, je venais juste le voir.

 

Une voix : Avancez plus près que je vous vois. (J'avançais en tremblant, persuadé de me faire tirer dessus dans la minute) Oh, c'est un môme, ok, je t'envoie Nathan, fiston ! »


A SUIVRE ... 



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À propos

Sandrine Virbel

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