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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

BABEL (4ème partie)

Je me retrouvais dans le hall d'entrée parcouru par un vent glacial et totalement obscur à l'exception d'un rai de lumière qui filtrait sous une porte. Je n'avais aucune idée d'où elle pouvait bien mener. Je tendis à nouveau l'oreille, espérant percevoir un bruit quel qu'il soit qui pourrait au moins m'indiquer que je n'étais pas seul dans cet endroit.

 

« Il y a quelqu'un ? Professeur Roméro ? » hasardai-je d'une voix peu assurée.

 

Pour toute réponse, j'entendis la porte du cabinet de travail claquée dans mon dos.

Mon cœur fit un  bond dans ma poitrine et je sentis une montée d'adrénaline se déverser dans mes veines.

En une grande enjambée, je regagnai la porte du cabinet du travail mais je ne pus que constater qu'elle était verrouillée.

 

Une sueur glacée couvrit mon épiderme, cette séance d'étude et d'échange avec un professeur renommé commençait à prendre un tour inquiétant. Je regrettai instantanément d'avoir répondu à son invitation et je commençais à me demander comment je pourrai sortir de là...

 

Seule la lumière filtrant de sous la porte en face de moi sembla me répondre, je n'avais plus qu'à avancer à sa rencontre et affronter ce qui m'attendait de l'autre côté...

 

La main tremblante, je tournai le bouton de la porte et l'ouvrit doucement, retenant mon souffle.

 

La lumière provenait d'un grand lustre solidement fixé au plafond de ce qui semblait une nouvelle pièce de bibliothèque.

Les murs étaient couverts d'étagères surchargées d'ouvrages à l'exception d'une petite ouverture située à ma gauche qui laissait à peine le passage à un homme de ma taille. La même ouverture se répétait à droite.

De nouveau, des piles de livres jonchaient le sol si bien que je me demandais combien d'écrits pouvaient bien receler cette habitation.

 

Je pris l'ouverture gauche du mur et me retrouvais dans une pièce en tout point semblable à celle que je venais de quitter... le même lustre qui diffusait la même lumière... les mêmes rayonnages supportant des tonnes de livres...une ouverture dans le mur de gauche... une ouverture dans le mur de droite...

 

Décontenancé, je choisi de franchir l'ouverture à ma droite qui me fit déboucher sur un escalier étroit dont les marches en bois craquaient sous mes pieds.

Je gravis  l'escalier qui me mena à ce que je supposais être l'étage supérieur.

 

De nouveau, le même lustre, la même configuration de pièce...

J'étais dans une sorte de bibliothèque labyrinthique conçue par un dément érudit.

 

Pris soudainement de panique, je me ruais par l'ouverture dans le mur à ma gauche et manquais de dégringoler dans un escalier qui descendait.

 

Je débouchais de nouveau sous un grand lustre et je restais, désorienté, planté là un moment.

 

Je commençais à perdre le sens de l'orientation et, pire,  de ce que je faisais... ces maudites pièces semblaient se dupliquer spontanément au fur et à mesure que je cheminais dans ce dédale insensé...

 

Puisque j'étais monté une fois puis redescendu, je devais logiquement me retrouver au même niveau que l'entrée de la bibliothèque. Il ne devait pas être bien compliqué de retrouver mon point de départ si seulement je pouvais me mettre à réfléchir sainement...

Je m'assis un long moment sur le sol, me forçant à respirer calmement et à faire la lumière dans mes pensées...

 

Je fermais les yeux pour me permettre de reconstituer mentalement le chemin parcouru dans cet endroit.

 

Lorsque j'ouvris mes paupières, j'étais un peu plus calme et résolu à sortir promptement de ce piège.

 

Je repris le chemin inverse mais, à mon grand étonnement, je débouchais dans une vaste salle au lieu de l'entrée de la bibliothèque.

 

Un lustre monumental ornait le plafond qui était bien plus haut que dans les autres pièces.

 

Une pile de livres devant moi attira mon attention.

Emerveillé, je parcouru les ouvrages...

 

Devant mes yeux éblouis, je feuilletais des écrits réputés disparus, livrés à la vindicte de la censure en leurs temps, brûlés par l'Inquisition, des trésors perdus pour la connaissance humaine : Les Manuscrits de Cambridge, Elementorum philosophiae sectio prima de Corpore, Metamorphoseos vulgare, Pasigraphie et pasilalie, Le code Voynich, Le Necronomicon... il me faudrait une vie entière pour lire ces merveilles... Combien d'autres pépites du savoir pouvaient bien receler ces salles s'enfilant à l'infini ?

 

Mille ? Dix mille ?

Comment Roméro avait-il pu réunir ces bénédictions littéraires ?



A SUIVRE...

BABEL (récit, 2008)

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À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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