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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

"L'immense obscurité de la mort" de Massimo Carlotto.




Je vous propose un livre dérangeant, noir, qui remue longtemps après qu'on en ait achevé la lecture. D'un sujet douloureux qui pourrait sombrer dans le mélodrame, l'auteur cisèle une œuvre implacable et haletante.

L'histoire :

Silvano Contin est un fantôme asocial depuis 15 années, depuis le moment où il a perdu sa femme et son fils de 8 ans au cours un braquage.
Des deux malfaiteurs, seul Raffaello a été appréhendé et purge une peine de prison à perpétuité.
Le deuxième malfrat, dont l'identité est inconnue, mène une vie paisible, quelque part avec le butin.

Apprenant qu'il est condamné à brève échéance par une maladie incurable, Raffaello demande un recours en grâce, ainsi que la loi italienne le permet, assorti du pardon de Contin.

S'en suit alors un dialogue entre 2 êtres liés à leur corps défendant par la mort de la famille de Contin,   une histoire de naufrage d'êtres l'humains que seul la douleur unie...


L'auteur :

Massimo Carlotto pourrait être un héros de roman !
Né à Padoue en 1956, militant au sein d'un groupe révolutionnaire d'extrême gauche italien, il se voit condamné à 18 ans de réclusion.
En effet, en 1976, il découvre le corps d'une jeune femme sauvagement poignardée et se voit accusé injustement du crime.
Après pas moins de 11 procès, 6 ans de prison et 3 ans de cavale, il parvient à faire reconnaître son innocence et obtient la grâce présidentielle.
Cette terrible mésaventure forgera néanmoins sa future carrière littéraire, faisant de lui un auteur spécialisé dans la littérature criminelle.

Il est l'auteur de plusieurs romans :

La Vérité de l'alligator, Gallimard 1998
En fuite, Lignes noires 2000
Arrivederci amore, Métaillié 2003
Le maître des nœuds, Métaillié 2004
Rien, plus rien au monde, Métaillié 2006



Impressions :

Voilà une lecture qui ne vous laissera pas indifférent !
Tour à tour confronté à la douleur, la solitude des êtres, la peur, le désir de vengeance, le lecteur assiste au dialogue de 2 êtres que tout sépare sauf 2 crimes. Aussi, on pourrait parler de 2 monologues qui réussissent la prouesse de se compléter et de se répondre plus que de dialogue !

Un sentiment ambivalent et très dérangeant nait des actes et des pensées de Contin et de Raffaello, ce qui tire le lecteur vers la plus implacable noirceur de l'âme humaine.
Nous assistons, abasourdi, à la descente aux enfers des protagonistes.

Abasourdi, le mot n'est pas trop fort, mais aussi fasciné par ce spectacle sordide qui se déroule à chaque ligne.

Nous finissons même par nous demander, qui, dans cette histoire, a tord ou a raison...

D'une écriture crue et tranchante, ce roman a une petite touche à l'américaine, dans la veine des meilleurs polars.



« L'immense obscurité de la mort » de Massimo Carlotto.
Disponible chez Points Roman Noir  à 6,46 euros
et chez Suite Noire, Métaillié à 7,60 euros.

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À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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Virginie 12/01/2009 19:42

ce livre a l'air très surprenant en effet

Sandy458 12/01/2009 20:25


oui, c'est la première fois que je lis ce type de livre, aussi fort et aussi prenant (je ne suis pas tellement polar d'habitude).