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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

"Les mauvaises gens, une histoire de militants" d'Etienne Davodeau.




L'histoire :


Etienne Davodeau a passé son enfance dans les Mauges, une région conservatrice, catholique et ouvrière, située entre Angers et Cholet.

Ses parents sont des gens ordinaires, enfants de l'après-guerre, dont la vie aurait pu rester encadrée par le curé de leur paroisse et le patron de l'usine du coin.

Ils choisissent la voie de l'engagement politique et social et mêlent étroitement à leur vie, un militantisme absolu.

Ils sont de toutes les luttes : syndicales, politiques, sociales, pacifistes... donnant de leur temps, de leur participation physique et de leur soutien inconditionnel pour défendre les idées fraternelles qui guident leur vie.

Etienne Davodeau, devenu adulte, revient sur la jeunesse de ses parents et dresse un portrait tendre et émouvant de ses deux êtes au cœur « gros comme ça »  dans une BD-reportage très bien maitrisée!

 



L'auteur :

Pendant ses études d'arts plastiques à Rennes, il fonde avec quelques amis une petite structure grâce à laquelle il publie ses premiers travaux.

Affinant sans cesse son travail, il gagne la reconnaissance de ses pairs  par la justesse de ses scénarios et de ses récits.



En 2001, il publie « Rural ! » une BD qui annonce un tournant décisif : il inscrit le monde réel dans son travail.



« Les mauvaises gens » se pose comme une œuvre de BD-reportage, témoignage de « petites-gens » totalement dévouées au monde ouvrier et à ses combats. L'histoire de ses parents.

 


Impressions :


Avec « Les mauvaises gens », la BD atteint une dimension quasi sociologique.

Au fil des pages, le lecteur plonge dans la réalité d'une région française, réalité qui était également celle de la France en pleine mutation, de l'après-guerre à 1981 : celle de femmes et d'hommes, souvent issus de familles rurales, propulsés dès l'adolescence dans le monde ouvrier et aspirant à une vie meilleure.

Le récit est pudique, tendre, passionnant mais n'oublie pas de se montrer critique en soulignant les contradictions pouvant naître entre l'idéologie et la vie quotidienne.

Le dessin réaliste, en noir et blanc, est d'une sobriété illustrant parfaitement le propos.

 

« Les mauvaises gens » est une totale réussite.

 

 

Le mot de la fin revient à Etienne Davodeau :

« Mon ambition était de dessiner le portrait des gens parmi lesquels j'ai grandi, des syndicalistes et militants ouvriers dans une région catholique et conservatrice du 20 siècle. Mon intention était surtout de raconter une histoire vraie en partant d'un principe : la vie quotidienne est constituée par essence d'histoire  à raconter »

 


« Les mauvaises gens, une histoire de militants » d'Etienne Davodeau, Editions Delcourt.

Parution en 2005, prix indicatif : 13 euros.

 

Grand prix de la Critique 2005
Prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2006.
Prix du Scénario 2006
Prix du Public 2006
Prix de la Bande dessinée d'actualité et de reportage de  France info




Etienne Davodeau est un auteur reconnu de BD et multi-primé.
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À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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PAT DE BIGORRE 16/01/2009 15:54

l'esprit de cet auteur et ses convictions me parlent. merci pour cette découverte !

Sandy458 16/01/2009 19:28


franchement, il mérite très largement tous les prix qu'il a reçu!
Cet ouvrage a été une belle découverte pour moi!