Partager l'article ! Atelier d'écriture "in vivo", une autre façon de vivre l'écrit.: Photo de "per", originale sur flicker, wikimedia ...
Photo de "per", originale sur flicker, wikimedia
commons, sous
licence.
J'ai osé !
J'ai osé me joindre à un atelier d'écriture « en vrai » après avoir participé aux ateliers « in vitro » chez les Impromptus.
J'en suis revenue enchantée par l'expérience, le contact simple avec les participants, le bon accueil de
l'animatrice et mon « audace ».
En fait, je viens de découvrir qu'écrire est aussi un jeu plaisant à partager sans complexe et librement !
Il y a quelques mois, je n'aurai pas été capable de me rendre à ce type d'atelier, encore moins de rédiger un texte avec des personnes autour de moi et je ne parle même pas de l'idée de le lire à
haute voix. Absolument inenvisageable, effet secondaire d'un temps révolu ou le simple fait d'être moi, d'aimer lire et écrire m'a causé énormément de problème relationnel avec une personne
très proche.
Aujourd'hui, je me cache toujours pour écrire et je n'en parle jamais autour de moi mis à part sur ce blog (miracle de la distanciation offerte par la virtualité!), même mon conjoint n'en sait
rien.
Je ne m'étendrai pas sur ce passé que je préfère oublier mais j'en retiens que des mots et des comportements peuvent faire beaucoup plus de dégâts que des actes concrets et anéantir toute
confiance et estime de soi.
Cet atelier d'écriture, d'une durée de deux heures, était proposé par une association de ma ville : Imagine et Sens.
Si vous avez l'opportunité de tenter l'expérience, n'hésitez pas, c'est très enrichissant !
(Les textes sont bruts d'écriture, juste jetés sur le papier et non retravaillés.)
Premier exercice : rédiger un acrostiche d'après le mot "poésie".
Les vers m'intéressent mais uniquement en tant que lectrice, je ne me suis jamais sentie la moindre possibilité de taquiner les rimes !J'ai tout de même trouvé un minimum d'inspiration,
voici mon tout premier poème (ça se fête ?).
Proverbes vains...
Onomatopées qui claquent...
Ellipses qui décrivent la vie...
Sciences littéro-comiques...
Infusez donc votre nectar dans une
Ecriture à l'agonie !
Deuxième exercice : en s'inspirant d'une nature morte posée devant nous (écorces diverses, pierres, plumes, fleurs, mousse...) rédiger un haïku.
Le haïku, poème japonais, répond normalement à un nombre bien défini de syllabes sur 3 « phrases » : 17 (5+7+5) pas une de plus, pas une de
moins.
J'admire la puissance et le vertige que me procurent la lecture des haïkus, aussi j'espère qu'on m'excusera pour ma médiocre production !
« Une forêt tranquille
Un bucheron y travaille
- ô, cris de
l'arbre!»
Troisième exercice : les « bouts rimés ».
Ça se complique pour
moi...
Chacun donne des rimes, nous devons les utiliser pour écrire un poème.
Rimes de départ:
œil/cueille
parchemin/demain
crayon/bouillon
profusion/infusion
Poème composé :
Le crayon griffonne le parchemin
« Ce que tu cueilles sera fané demain ! »
Darde les regards de ton œil à profusion,
Avant que les fleurs ne meurent dans les bouillons de l'infusion !
Rimes de départ :
machette/savonnette
bulle/préambule
lavande/amande
abeille/soleil
Poème composé :
Lorsqu'au soleil enfin tu bulles,
Et que par le parfum de la lavande vient l'abeille,
Tu regrettes la senteur d'amande de ta savonnette,
Je te le dis sans préambule, agite donc ta machette !
Quatrième exercice : à partir d'un texte existant, le premier participant modifie un mot de la première phrase puis il passe le texte à son voisin qui modifie un mot de la deuxième
phrase etc ... les mots modifiés sont en gras dans le texte, les mots originaux sont entre parenthèses.
« Rien n'est plus rigolo (lent)
Qu'un escargot tout chaud et tout nu (mouillé)
Qu'un lézard (nuage) dans le ciel au printemps
Qu'une limace (souris) qui fait une course à pied
Qu'une libellule (limace) qui prend son temps.
En fait, rien n'est plus rigolo (lent) qu'un escargot au printemps
Qui fait la course avec le vent (temps).
Cinquième exercice : écriture spontanée.
L'animatrice propose
un terme de départ, le participant écrit ce qui lui vient à l'esprit. L'animatrice lâche un mot au bout d'une minute, le participant doit l'intégrer dans son texte. Les mots imposés sont en
gras.
Imagine que la ville s'envole, déracinée de son socle et transportée par les vents. Franchirait-elle les cols enneigés et les océans assoiffés ? Sombrerait-elle dans le désert ou
serait-elle sauvée par un oasis d'aubergines violettes et lisses ?
Sacrée ratatouille pour Boissy !
Où courent les courgettes ?
Où plongent les tomates ?
Drôle de cuisine dans les quartiers !
Toutes les saveurs
mêlées, les senteurs panachées, jolie ratatouillade au goût épicé.
Sur un air de biguine,
elle serait créolisée, ajoutons du colombo, buvons un ti'punch !
Sur Boissy-plage, nous ferions connaissance.
Mais il est temps de se poser sur une route en
jean délavé.
Bleu de travail, bleus de l'âme, bleu comme le ciel de la ville à part
lorsqu'il s'obscurcit...
Racines dans le ciel et la terre envoyées, il est l'heure de se poser en douceur sur le tarmac de l'aéroport de Paris.
« Arrête de rêver, me dit-on, espèce de Bécassine ! Tout ça n'existe pas,
tu es ici et pas là-bas ! Boissy reste à Boissy, les villes ne s'envolent pas même avec les envies des habitants. »
Je ne sais pas pour vous mais ce voyage m'a donné une migraine, je file prendre de l'aspirine et
flotter dans la piscine !
Sixième exercice : créer une liste de course insolite. Echanger votre liste avec celle de votre voisin. Puis, sur le modèle de « La complainte du progrès » de Boris Vian, rédiger un texte.
La liste de ma voisine :
- manchettes à paillettes
- jabots à plumes
- boutons en forme de bonbons
- chapeaux
pointus
- nez de clown
- large fleur qui pleure
- confettis carrés
- serpentins
parfumés
- tapis volants
- baisers volés
Le texte :
Viens m'embrasser.
Et je te donnerai [...]
Un souvenir de notre amour défunt :
Une silhouette à chapeau pointu avec un nez de clown incorporé
Je te soudoierai avec des boutons en forme de bonbons
Pour que tu ne voies pas la large fleur qui pleure dans mon jabot à plumes
Et mes larmes essuyées dans mes manchettes à paillettes.
Si j'ai de la chance, je te ferai monter sur le tapis volant.
Et au milieu des confettis carrés et des serpentins parfumés, je récolterai des baisers volés.
bises
bravo Sandy !
Pour la liste, je parlais de ce 6 e exercice.
Je file à la piscine.
Bonne soirée
Bisous
Concernant la liste, c'est une autre participante qui l'a récupéré mais j'ravais mis des trucs délirants type :
gigot à coulisse
lait de libellule
tablette de chocolat à cimenter...
Bonne soirée, bises!
si tu savais comme j'aimerai être capable d'écrire tes poèmes!!!
Sinon, est-ce que tu connais le livre "Nouveau magasin d'écriture" d'Hubert Haddad? c'est un pavé fantastique qui fourmille d'idées dans ce style. J'en ai parlé en avril dernier je crois...
Tu peux tester un mini-atelier sur le site des éditions Zulma.
- escargots de Bourgogne
- lapin agile
- tour Eiffel
- moules de bouchot
- bière belge
- quais de gare
- pont du Gard
- gaufrettes à la noisette
- cordes à nœuds
- cravates
Viens m'embrasser.
Et je te donnerai, mon aimé,
Des manchettes à paillettes dorées,
Des jabots à plume argentés,
Des boutons en forme de bonbons mentholés,
Des chapeaux pointus éclairés
Par mon nez de clown illuminé.
Viens m'embrasser.
Et je te donnerai, mon aimé,
Une large fleur qui pleure des fées,
Des cubes ronds et des confettis carrés,
Des trompettes et des serpentins parfumés,
Des tapis volants pour attraper
Mes caresses et mes baisers volés.
Peut-on avoir ta liste?
Pour moi : profusion/infusion et abeille/soleil.
Imagine un ciel couleur aubergine
Qui enflamme ton âme et ta cuisine.
Imagine une robe à bretelles et un jean
Portés par le pape et même Bécassine .
Imagine un champagne qui bulle en aspirine.
Imagine un ciel couleur aubergine
Qui enflamme ton âme et ta cuisine.
Imagine une robe à bretelles et un jean
Portés par le pape et même Bécassine .
Imagine un champagne qui bulle en aspirine.
En fait, tu "penses" toujours en poésie, c'est étonnant!!
Moi, je n'arrive qu'à penser en racontage de petites histoires!
« Rien n'est plus excitant (lent)
Qu'un escargot tout chaud et tout tendu (mouillé)
Qu'un baiser (nuage) dans le ciel au printemps
Qu'une caresse (souris) qui fait une course à pied
Qu'une main (limace) qui prend son temps.
En fait, rien n'est plus exaltant (lent) qu'un escargot au printemps
Qui fait la course avec le néant (temps).
Taille avec une machette
Dans les mots-savonnettes
Qui font de belles bulles
Sans même de préambule.
Admire encore la lavande
Avec tes yeux en amande.
Butine comme l’abeille
Les jolies fleurs du soleil.
Savoure mon œil !
Butine et cueille
Les mille parchemins
Qui écrivent demain.
Prends un crayon
Mets-le dans un bouillon
Pour faire une infusion
De mots à profusion.
Une pomme de pin
Trône en vain, sans fin
Devant mes yeux éteints
Prose ou vers, peu importe ce que tu choisis
Ose surtout la musique et le velours cramoisi
Entraîne-nous dans un rythme bien jazzy
Surtout prends des mots qui ne sentent pas le moisi
Insiste, persiste, existe sans te soucier des lazzis
Ecris, inspire, expire, vis et nous serons saisis.
Ah la la, on les remarque tout de suite les pro de la poésie
Continue.
Amitié
Thierry
Je crois bien que je vais continuer : j'ai adhéré à l'association!
Amitié!
Sandy
Que fais-tu dans le tien? Des jeux de mots, des écrits particuliers?