Lundi 27 juillet 2009 1 27 /07 /Juil /2009 22:30

Publié dans : Job Story : la vie et l'avis d'une DRH



Source : Andreas Praefcke, wikimedia commons,
domaine public.



Coups de gueule (il y avait longtemps, non?!)


Si vous écoutez le discours consensuel des entreprises, vous les entendrez clamer haut et fort l'importance supposée qu'elles donnent aux ressources humaines...

C'est beau, c'est pseudo-humaniste, ça me ferait presque verser une petite larme, un discours aussi merveilleux, politico-socialement correct provenant des hautes directions de nos chères entreprises.

Mais comme « c'est celui qui dit qui est », la réalité est plutôt différente voire franchement contraire.

Pour de beaux et larmoyants discours démagogiques combien de « bouates » ultra mécaniciennes qui dévorent leurs salariés comme je picore dans un sachet de MetM's ?

Petit rouage ne deviendra pas grand et il n'y a rien de plus facilement interchangeable et jetable au rebus qu'un petit salarié qui s'avère ne plus être conforme aux besoins pré-formatés de son employeur !

Employabilité tout au long de la vie, égalité des chances, gestion des compétences, bien-être au travail, enrichissement humain... oui d'accord mais il vaut mieux être dans le moule du
« - 50 ans, homme, dégagé de toute obligation mais pas trop car ça fait désordre, diplômé du supérieur mais pas trop gourmand pécuniairement et savoir la fermer surtout lorsqu'il faut tirer sa révérence... ».

Je rêve du jour où les entreprises comprendront enfin que les hommes qui la composent sont un élément stratégique et indispensable en tant qu'êtres, expériences, possibilités d'avancer et de bâtir.

Je rêve du jour où on ne parlera plus de « ressources humaines » (ressources mécaniques ? ressources de matières premières ? res-sources de conflits ?) mais de RICHESSES humaines...

J'attends l'avènement d'un nouveau système de pensée qui germerait dans l'esprit des décideurs et qui leur permettrait de voir des hommes et des femmes là où il ne voit que des alignements désespérant de chiffres  et une hausse de cours d'actions en parallèle de plans sociaux...

L'attente est longue et, avec mes petits camarades fantassins de la « DRH nouvelle donne », nous piaffons d'impatience, nous rongeons notre frein, nous nous épuisons à tenter de planter la graine du changement dans des têtes qui peinent à ouvrir les yeux et à se souvenir qu'elles appartiennent à un vague organisme vivant et humain.*

Pire, le ver étant dans le fruit, nous sommes contraints de souquer ferme face à des traitres à notre cause. Ces fameux DRHACHES, oui, H comme HACHE, ceux qui coupent, massicotent impitoyablement, rognent, étêtent, privent l'organisation de son souffle humain à force de se confondre avec une direction financière stricto sensu.

De l'air, on étouffe!

Ces DRHACHES ne conçoivent plus leur métier que comme une longue liste de chiffres à manier, de ratios à améliorer, de plans sociaux juteux à élaborer, enfermés dans leurs bureaux-tour d'ivoire, bien loin de ce qui fait le cœur de notre métier : une certaine proximité avec les acteurs de l'entreprise, une bonne dose d'empathie, un jonglage (que dis-je, un exercice d'équilibriste !!) entre les aspirations de salariés et les besoins d'une société.

En un mot comme en cent, faisons la promotion du respect sous toutes ses formes, de ce qui est vraiment important : l'humain, celui sans qui rien n'est possible, celui qui doit être considéré tout simplement.

Car seul, rien n'est envisageable à long terme et le mur est trop haut à escalader sans le cumul des capacités.

* ... quand on ne passe pas soi-même de longs mois au rebus, j'ai donné avec mes grandes idées!!!


Amen!

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Commentaires

Bonjour Sandy,


           L'illustration demeure de bon goût pour situer le DRH dans la "bouate".
           Souvent, il est considéré comme le bourreau de l'entreprise. Il est l'éxécuteur des décisions infâmes, prisent "en haut". Il est aussi surnommé le "nettoyeur".
           Le fossoyeur des emplois sert parfois de tampon entre les salariés et le patron.
           Dans ce dernier cas, il ne garde pas longtemps sa place, et il rejoint  rapidement la longue liste de l'ANPE.

           J'aime ce coup de gueule accompagné d'une petite larme.
           En effet, la politique de "l'entreprise" est de partir sur le principe que personne n'est indispensable. Ce qui veut dire que tout le monde est jetable.
           Parfois, par cette politique de délestage, il arrive alors que la bouate coule, car elle perd son savoir-faire. 

           Le moule conforme et standard pour plaire à l'employeur, est dénoncé par l'auteure, avec un réalisme sans censure.
           L'attente des camarades fantassins de la "DRH nouvelle donne" est remarquablement décrite.
           Tenter de planter de nouvelles graines dans des têtes infertiles, demeure un défi qui n'est pas facile.
           En effet, rares sont celles qui germent dans les méninges atrophiées... par les intérêts financiers. 
       
           Le cumul des capacités pour escalader le mur est une délicieuse image.
           La révolte de la DRH qui a déjà goûté à la moulinette, ne manque pas  d'authenticité.
           Le texte est habilement mené pour exprimer cette dure réalité de la vie, en entreprise.
           Ecrire sur un sujet grave, en conservant une pointe d'humour, est véritablement tout un art.  
           Bises.
           dédé.   
Commentaire n°1 posté par dede le 22/08/2009 à 19h14
Bonjour Dédé!!!

Lire tes commentaires détaillés et constructifs est toujours un plaisir.
Tu as notamment mis le doigt sur un paradoxe des entreprises : se délester de salariés et de savoir-faire ce qui engendrera des difficultés pour rester dans la course...
Dommage qu'on s'en rende compte trop tard...

Bises!
Réponse de Sandy le 23/08/2009 à 19h41
J'aime bien quand tu pousses un coup de gueule !
Commentaire n°2 posté par soleildebrousse le 16/08/2009 à 22h15
ça fait du bien, parfois!
Réponse de Sandy le 23/08/2009 à 19h32
exceptionnel de vérité. Sans le respect de la compétence humaine et de la personne tout simplement, aucun projet ne peut aboutir. Une entreprise se doit d'être un lieu où altruisme ne rime pas avec carriérisme. Mais nous sommes de plus en plus dans un monde dominé par les chiffres, ratios,productivités, rendements, prime de licenciement.
On cherche les performances statistiques là où réside l'incertitude d'un comportement humain. Bref, on se plante. Je crois dur comme fer à l'émergence d'un contre-pouvoir basé sur le respect et l'épanouissement de chaque pixel d'une magnifique fresque mais ce modèle ne peut exister qu'au sein de structures indépendantes de l'aspect boursier. En tout cas, tout comme toi, je ne renoncerai jamais à cet idéal. Comme tu le soulignes si bien, nous manageons des hommes et la considération commence par la communication et non le dénigrement altier. aahhhh ça fait du bien de s'exprimer sur des sujets qui me révoltent.
Commentaire n°3 posté par Will le 28/07/2009 à 22h26

et oui, pas facile de naviguer dans une entreprise capitaliste classique. Pourtant, des entreprises s'en sortent très bien en ayant un autre mode de pensée et de management souvent des PME ou des SCOOP. Et ça marche... comme quoi, les dirigeants, obnubilés par des chiffres en oublient l'essentiel...

Réponse de Sandy le 29/07/2009 à 22h48

J'ai de la chance... et je trouve!

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P1020134

 

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