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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Flânerie...

 

"Statue of lion on park entrance near Royal Pallace in Brussels", photo de Karelj, wikimedia commons, domaine public.

 

 

Tout part d’une allée, gardée de part et d’autres par deux lions de pierre convertis au pacifisme par des ronces les caressant dans le sens du granit.

 

Tout commence par une belle allée qui t’attire en distillant une lumière tamisée au travers des feuillages tendres des arbres bicentenaires.

 

Ici, est le temple de l’aérien, la maison des brises et le refuge des sylphes.

 

Un souffle léger, semblable à une comptine enfantine  s’élève doucement jusqu’à dominer les bruits et la fureur du monde que tes pas t’ont amené à quitter.

Tu t’engages dans l’allée, un peu intimidé par ton insignifiance et ta petitesse comparées aux longs fûts réguliers de tes hôtes.

 

 

 

"Constrating tree types...", photo par Wing-Chi Poon, wikimedia commons, sous licence. 

 

 

Ici, tu es dans leur monde, le monde de ceux qui voient tout, de ceux qui entendent tout mais qui ne profèrent pas un seul mot.

 

La nature, dans son incommensurable bonté, les a dotés de cette sagesse absolue. Tu les envies, toi qui n’atteindras jamais cet état de grâce, dusses-tu vivre mille ans encore.

 

Les troncs massifs, imposant,  rythment ton pas et t’intiment de suivre avec entrain la valse des branches, des feuilles et des racines que tu observes, gorgées de sève. La mélodie est intemporelle, universelle, elle résonne en toi comme la berceuse de Mère-monde que le temps t’a fait oublier.

Tu goûtes, par tous tes pores largement ouverts à ce retour au creu des bras maternels, à ton essence intime.

 

"Mother and Child bathing/Mère et Fille au bain", peinture de Paul Emile Chabas (1869-1937), source ici, wikimedia commons, domaine public.

 

 

Des ombres sylvaines se rapprochent, amicales. Curieuses, elles se pressent et t’entourent.

 

Les branches se courbent gracieusement sur ton passage. Les feuilles, parées d’une délicate teinte verte-argentée, bruissent malicieusement à tes oreilles, impertinentes et gentiment moqueuses. 

 

 

Sous tes semelles, tu perçois les ramifications souterraines des arbres et le petit peuple du sol qui t’escortent et préservent tes pas de mille petits périls prêt à te faire trébucher.

 

Tu réalises que tu te situes là où bat le cœur du monde, de ton monde et du leur.

 

Il est temps, pour l’enfant prodigue de retour chez lui après quelques années d’absence,  de courir  se jeter dans les bras des siens.

 

 

Ici, tu es chez toi.

Là où tout finit et où tout commence.

 

 

 

 

 

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À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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Thierry Benquey 13/01/2011 11:19



Sourire et soupir. Soupir c'est pour la flanerie, je ne sais pourquoi mais flaner me fait toujours soupirer, un peu comme lacher la pression. Pour le coeur du monde, c'est le sourire, le coeur du
monde c'est toujours où tu te trouves, qu'importe l'environnement, quoi qu'il existe des coeurs bien plus agréables que d'autres. Je t'embrasse. Thierry



Sandrine Virbel 13/01/2011 20:45



Bonsoir THierry,


 


Oui, c'est un soupir de contentement et de quiétude qui accompagne les flâneries, portes ouvertes vers les rêveries aussi...


 


Quant au coeur du monde, il est des coeurs morts, ceux qu'on t'impose, qui t'insupportent... les vrais coeurs sont là où on se sent bien...


 


Je t'embrasse!



Seb 10/01/2011 23:32



Je te suis dans tes flânereries...


Tu as tellement de cordes à ton arc, tu es indispensable! :)



Sandrine Virbel 11/01/2011 22:06



indispensable?? non, non, j'aime surtout découvrir et partager mes découvertes.


je suis contente que nous puissions conjuguer nos pas dans l'allée...