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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

La marche est mon bonheur.

 

 

 

 

 

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Pour certain, la marche s’apparente à un art de vivre ou encore à un acte militant.


Pour d’autre, c’est le souvenir d’un effort déplaisant, imposé après les repas dominicaux, de longs moments monotones où on tente de tuer l’ennui en foulant des chemins interminables.


 

Pour moi, c’est l’expression du bonheur, de la tentation d’aller toujours plus loin, de vivre des moments de qualité, d’intensité, de liberté et de sérénité, seule ou accompagnée.


Parfois, la douceur cadence mes pas, à d’autres moments, c’est l’envie de me mesurer à moi-même qui prend le dessus.

 

A deux pas de chez moi ou dans des lieux isolés, la marche est toujours présente à mon esprit, fait accélérer mon cœur et fourmiller mes membres.

 

Le plaisir procuré par le rythme est difficilement compréhensible pour les sédentaires purs, ceux pour lesquels aller jusqu’au bout de la rue est déjà une expédition en soi.


Et que dire à ceux qui me considèrent avec condescendance devant ma tocade dévorante ?


Je tente de leur expliquer le plaisir de sentir le soleil alangui sur l’épiderme, la fraîcheur  bienfaisante d’un petit vent en été, l’odeur du sol après l’ondée, le froid piquant qui finit par anesthésier,  l’attraction magnétique qu’exerce le chemin  galopant entre les arbres.

 

 

 

 

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Mon bonheur  n’est pas le leur.


Je comprends, c’est comme ça.

 


Je préfère être toute à ma joie, celle qui me mène sur les terrains plats, dans  les vallons ou sur les pentes des montagnes, les muscles échauffés par l’effort, le souffle de plus en plus court mais l’esprit en éveil. J’aime ce bonheur qui m’expose aux intempéries sans aucun écran entre les éléments et moi. Je sais que je vis lorsque j’ai froid, trop chaud ou que l’humidité commence à percer les couches de mes vêtements détrempés.


Ma marche sait se faire intime lorsque je quitte les sentiers trop balisés ou trop fréquentés par mes pairs.

Je suis l’intruse dans ce monde d’où nous, les humains sommes trop éloignés voire même inadaptés et je remercie la mère-nature de m’accepter quelques temps au nombre de ces créatures animales, végétales ou minérales.


Parfois, je croise un autre marcheur et après un regard de connivence, un « bonjour » franc et sonore, nos pas se séparent et  se dispersent sur le chemin. Brèves rencontres mais échanges réels de ceux qui partagent le même bonheur et qui, d’un regard se reconnaissent comme faisant partie d’une grande  et même famille.


 

Je goûte aussi à la marche sociable, celle qui se pratique en groupe.

 

Partager un panorama, échanger sur l’identification d’un insecte ou d’une fleur, savoir garder le silence devant la splendeur tout en sentant les cœurs battant à l’unisson sont des moments rares et précieux dans notre monde tronqué ou la sincérité et la simplicité n’ont plus crédit.

 

 

Tout comme Adam et Eve ont été chassés du paradis, je sais que je devrais me résoudre tôt ou tard à rejoindre la vie moderne une fois que j’aurai croqué mon bonheur jusqu’au trognon.

 

 

La marche, c’est aussi une école de vie, une partie intégrante de l’éducation de soi en tant que personne entière « mens sana in corpore sano»,  un esprit sain dans un corps sain, première pierre  des fondations de l’Homme libre.

 

 

A ceux qui sont fragilisés, à ceux qui se cherchent, aux jeunes déstructurés en manque de repère, je n’aurai que ceci à transmettre : 

 

« Marche pour te reconnaitre, perçois ton reflet dans l’écume de l’herbe sous tes pieds, étends tes bras  dans le ciel liquide d’un bleu limpide. Tu te retrouveras libre, à n’en pas douter. »

 

 

 


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Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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seb 24/10/2012 15:40


Toujours si inspirée Sandy! Tu me donnes envie de retrouver mes montagnes si belles! Car marcher à London , ce n'est pas tout à fait la même chose! Il y a de belles choses oui...mais l'air
est tellement pollué!


Kiss

Sandrine Virbel 25/10/2012 09:24



Merci Seb,


Parfois, la nature n'est pas bien loin mais les montagnes, c'est sûr que c'est plus tentant!!!


 


Bises!



Yannick 05/10/2012 17:19


Salut Sandrine,


très bel hommage à cette noble activité qu'est la marche. Mais aussi très belle incitation à partir sur les sentiers et "laisser le vent baigner nos têtes nues" comme le dit Rimbaud.


Comme tu le sais, pour ma part, je pratique les "mantras" de la petite reine, tournant mon pédalier comme un moulin à prières.


Mais je pense que nos deux démarches se complètent.


Merci pour ce bon moment.


Amitié.


 


Yannick

Sandrine Virbel 08/10/2012 09:57



Bonjour Yannick!


 


Merci pour ton commentaire.


J'ame beaucoup ta description imagée du cyclisme, bien vu!!!


Et je pense aussi que la pratique du VTT apporte une communion avec la nature pour l'avoir pas mal pratiquée. Des démarches complémentaires, oui, et qui se rejoignent dans le partage de l'effort
en milieu naturel...


 


A bientôt!



Patrick 27/09/2012 16:05


Bonjour Sandrine et merci pour ce beau texte.


Un article militant, salvateur et essentiel.


je ne peux qu'adhérer à ce que tu écris avec justesse et poésie. "Marcher" ouvre des horizons, apaise et est bénéfique pour le coeur, le corps et l'esprit. Et remplit le regard. "Marcher" prépare
à la rêverie, à la connaissance de soi et des autres. 


Merci encore pour tes mots. 


Amitiés,


Patrick

Sandrine Virbel 03/10/2012 09:15



Bonjour Patrick,


 


Merci pour ton commentaire qui me permet de constater que j'ai été comprise.


Et merci pour visiter mon blog, vous êtes 2 fidéles, c'est précieux!!!!


 


Amitiés,


Sandrine