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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Le Mal de Mère (# 7)

 

Gugus le Magnifique.

 

 

Dans mon imagination d’enfant, j’en suis sûre.

 

Je suis certaine que ses grandes roues magiques permettent de propulser son passager dans des contrées lointaines et exotiques. Rien que son assise en faux cuir  est déjà une invitation à partir en expédition.

 

Voyez donc par vous-même !

 

Avec « Gugus », le petit nom dont nous l’avons affublé probablement pour ne pas avoir à le désigner en tant que « chaise roulante », et un peu de fantaisie, vous avez même l’occasion de métamorphoser votre quotidien trop statique.

 

Un jour en partance pour les contrées gelées des pôles, vous revivez les périples de Paul-Emile Victor ou d’Amundsen. Car oui, Gugus est un traîneau  fiable où vous rangez soigneusement le matériel qui vous sauvera la mise sur la banquise.

 

Un autre jour, tel le Docteur Livingstone (I presume ?) vous parcourez le continent africain de long en large avec Gugus, le fidèle porteur qui connaît tout des dangers qui vous guettent et les écartent pacifiquement de votre route.

 

Puis, bolide des 24 Heures du Mans, Gugus-Mobile se munit d’une carrosserie profilée et d’un moteur à turboréacteurs propulsé au protoxyde d’azote (c’est hilarant, sic !). Et vous franchissez la ligne d’arrivée, vous cramez le drapeau à damier, fourbu mais le cœur en liesse, sous les flashs des photographes et les vivas en délire de votre cour d’aficionados.

 

Une poussée verticale et les turbines de Gugus vous expédient dans le vide intersidéral, à la découverte du système solaire et des météores qui croisent tranquillement dans l’espace. Vérifiez que vous n’avez pas oublié votre combinaison spatiale et que vous maîtrisez la procédure d’entrée dans l’atmosphère, ça va chauffer !

 

Des tubes d’acier, 2 cale-pieds, des roues grises et 2 poignées caoutchouteuses, il ne payait pas de mine. Mais pour moi, il était « Gugus le Magnifique », celui qui menait vers l’infini de l’imagination, celui qui faisait voler en éclat les 4 murs de la maison. Même si pour les adultes, il n’était qu’un fauteuil roulant, le symbole trop visible du handicap, injustement revêtu d’un sentiment ambigu puisque instrument d’autonomie rudimentaire et preuve criante d’une certaine dépendance corporelle.

 

Mais un jour, Gugus se met à passer de plus en plus de temps rangé dans le couloir.

 

Il faut pouvoir mobiliser des muscles pour le mouvoir.

Il est temps de comprendre que l’esprit ne peut pas tout.

Retour sur Terre programmé.

 

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À propos

Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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Thierry Benquey 03/05/2010 10:37



L'avant-dernière phrase me chagrine un peu, si l'esprit peut tout, il a meme pu concevoir Gugus, permettant ainsi la mobilité meme si elle est difficile et maladroite.


Connais-tu le film "Johnny s'en va en guerre" ? (Johnny got his gun en VO)


Je crois qu'il contient la réponse à cette question sur l'esprit.


Amitié


Thierry



Sandrine Virbel 08/05/2010 19:42



j'ai du mal m'exprimer dans le sens que Gugus ne pouvait pas être mué par l'esprit, il fallait bien que quelqu'un soit aux commandes. Après, je suis d'accord sur le fait que l'esprit est
puissant.