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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Le paradoxe de l’enfant précoce : accompagner la singularité.

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bd/Lucques-Labyrinthe.jpg?uselang=fr

 

 

http://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ALucques-Labyrinthe.jpg
Par Jean-Christophe BENOIST (Travail personnel) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) ou CC-BY-2.5 (http://creativecommons.org/licenses/by/2.5)], via Wikimedia Commons

 

 

 

 

Il y a peu, j’ai été interpellée par le message d’une maman qui s’inquiète pour son fils.


Le petit a 8 ans, 2 ans d’avance, et rentre l’année prochaine au collège.


C’est un EIP (Enfant Intellectuellement Précoce), un enfant surdoué.


Intellectuellement hors norme, il est aussi un enfant de son âge : un « plus vraiment petit » mais un « pas encore grand », qui va se retrouver dans le grand bain avec des quasis ados.


Sa singularité est un frein à l’intégration auprès de ses camarades. Pas évident de se retrouver au milieu d’enfants avec un écart d’âge aussi prononcé ! Résultat, ce petit bonhomme est seul pendant le temps scolaire.


Pour des parents, c’est une situation très difficile de se dire que son enfant ne noue pas de contacts, non pas qu’il ne le désire pas mais que des barrières s’élèvent naturellement.


Je ne parlerai pas de la détection des enfants EIP, vous trouverez aisément des informations sur le sujet, notamment dans les liens en fin de ce billet.


Je ne peux que conseiller le recours à des psychologues spécialisées pour poser un diagnostic.


Entre ne pas prendre en compte la singularité ou agir (…et comment agir !), le débat est complexe. Il n’en demeure pas moins que l’enfant « différent » conservera cette différence à vie et que les autres – enfants comme adultes – le considéreront avec plus ou moins de bienveillance voire même le rejetteront.


L’EIP intrigue, il fascine  mais il énerve.

 

Néanmoins, il existe des enfants EIP épanouis qui seront des adultes heureux et parfaitement intégrés et c’est une bonne nouvelle.


A contrario, il existe des enfants EIP perdus qui seront des adultes en souffrance. Ce n’est pas tolérable.


Entre les deux extrêmes, les parents de ces enfants naviguent sur une mer d’incertitude, de questions sans réponses, cherchant des solutions pour accompagner leur progéniture.


C’est épuisant mais c’est aussi le métier de parents.

 

 

Je vous livre ci-dessous le commentaire que j’ai adressé à cette maman.


Comme je le lui proposais, n’hésitez pas à me contacter si vous êtes concernés par le sujet… ou si vous avez expérimenté des solutions alternatives ou non !

 

 

« Je comprends votre détresse face à une situation hors norme pour laquelle il existe peu de solutions toutes faites mais du système D ou –pire- rien du tout !

Je suis maman de 2 EIP. (Mais qu’ai-je fait pour tirer un double numéro de zèbre ???)


Comme vous le dîtes si justement, malgré leurs capacités, ils demeurent des enfants de leur âge d’où la nécessité de ne pas se raccrocher uniquement au QI mais de considérer leur QE (quotient émotionnel) et tout simplement, de prendre en compte leur besoin de bien-être psychologique et social.


Ma fille a 10 ans. Parcours classique de l’enfant qui apprend seul les notions fondamentales scolaires bien avant l’âge requis. Passage dans un groupe scolaire exceptionnel qui prend en compte ses besoins et lui fait du quasi sur-mesure.

Elle est entrée au collège cette année avec un an d’avance.

Depuis 2 années, elle se plaint de façon récurrente du peu d’amis qu’elle parvient à se faire. Trop différente, pas les mêmes centres d’intérêt, sensibilité exacerbée qui la rend vulnérable, ses camarades ne l’accueillent pas à bras ouverts malgré ses efforts. Elle est pourtant très souriante et sociable, ce qui la désespère d’autant plus.

Outre la difficulté à se faire accepter, elle est rattrapée par l’ennui ce qui l’isole.

Elle aimerait aller plus loin, plus vite, ses résultats sont excellents et laisse présager qu’il y a de la marge devant elle.

Hélas, malgré son souhait, il n’y a pas de possibilité de sauter de classe. « Ça ne se fait pas », il faut faire avec. 

Ce qui ne résoudra pas l’ennui qui s’installe, pas plus que l’intégration qui aurait été (peut-être si c’est possible) pire qu’actuellement avec un nouveau décalage d’une année supplémentaire par rapport aux autre élèves…

 

Le cas de mon fils de 7 ans est très différent.

Il y a peu d’espoir qu’il bénéficie  d’aménagement spécial ou de saut de classe tant qu’il restera dans le système actuel. Classé « élève turbulent » et quasi  « perturbateur », il est dans le collimateur de son instit qui ne sait pas ou n’a pas le temps de s’en occuper.

Et oui… il s’ennuie depuis le CP dans des classes où il trouve le temps bien long. Il ne sait pas comment s’occuper pendant que les autres avancent à leurs rythmes. Il est capable d’avoir des résultats époustouflants dans ce qu’il aime faire et sabote le reste. Il s’agite en classe, il chante, il dérange les autres, se lève, se fait punir non-stop. On voudrait de lui qu’il reste une statue qui ne s’anime que si on en a envie ou le temps de s’en occuper. Pas ce petit garçon dont la tête bouillonne en permanence.

7 ans et déjà catalogué comme une plaie ! Je crains déjà pour son avenir scolaire qui risque d’être difficile.

Par contre, il est très bien intégré, il a beaucoup de camarades  et de tous les âges.  Il est vrai qu’il fait du foot en club et que les enfants sont regroupés par âge, ça aide !

Mais quel ennui au quotidien, il déteste l’école où il a l’impression de perdre son temps. Comment l’en blâmer ?


Bien que je navigue à vue, je leur propose un environnement familial stimulant. Ils sont friands de connaissances et d’apprentissages et leur besoin semble sans fond.

La question de l’amitié et de l’intégration est prépondérante et m’occupe beaucoup l’esprit cette année. Nous invitons des camarades de ma fille –amis hors sphère scolaire -  pour qu’elle renforce des liens avec des enfants de son âge. Je lui propose d’inviter des élèves de sa classe, ceux avec lesquels elle peut avoir le plus d’affinités. Les résultats sont mitigés. On l’appelle pour qu’elle explique les cours, pour avoir de l’aide aux devoirs, on se sert d’elle et de ses capacités puis on l’ignore.

Elle est déléguée de classe et conseillère municipale junior, membre d’un club d’échecs et d’arts plastiques. Cela lui fait connaître de nouvelles personnes avec lesquels elle a des affinités et des intérêts communs, cela facilite le contact même si des liens amicaux ne sont pas encore noués.


Les interclasses et les temps de pause sont passés seule, un livre à la main ou au CDI du collège.


C’est triste, ça me désole, je n’ai pas de solution miracle. Au moins, elle sait qu’elle est soutenue, comprise chez nous, nous parlons beaucoup de son ressenti et nous cherchons des solutions.


J’ai songé à la mettre en contact avec d’autres enfants comme elle par le biais d’associations spécialisées qui proposent également des regroupements, des ateliers, des visites.


Là, elle pourra être elle-même sans crainte d’être jugée et rejetée. Un pis-aller peut-être mais toute piste est bonne à envisager.


J’ai été bien longue mais le problème est complexe !


N’hésitez pas à me contacter. »

 

 

 

Sites vers le sujet :

 

http://www.afep-asso.fr/

http://www.talentdifferent.com/
http://www.douance.org/index.html
http://www.zebrasurdoue.com/
http://gappesm.net/

 

 

 

Témoignage :  ici

 

 (l’auteure de celui-ci va très bien depuis, merci !)

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Sandrine Virbel

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