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Les scribouilles

écriture (notes, roman, nouvelles, textes...) lecture et curiosités en partage

Naufrage urbain (2) : colère et lassitude...

 

 J’ai déjà évoqué ma ville, Boissy Saint Léger, dans 2 précédents articles :

 

- Là où j’habite

       

- Naufrage urbano-social et radeau pour sauver le futur. 



Me revoici pour une 3ème discussion qui, certes, n’apportera pas de solutions mais qui continue de dresser un état des lieux alarmant, souvent commun à un nombre croissant de petites villes de notre pays…

 



 

Faire-part…

 

« La grande Boissy, c’est fini ! » dixit un membre de l’équipe qui gère aujourd’hui les affaires de notre commune, lors d’une réunion de parents d’élèves élus où nous demandions des comptes pour la non-gestion des affaires scolaires…

 

« Touchée-coulée, envoyée par le fond ! » suis-je tentée d’ajouter.

 

La grande Boissy est finie, c’est indéniable.

La jolie petite ville de caractère qui alliait patrimoine historique, forêt, rues typiques à un effort urbaniste pour loger des milliers de familles défavorisées est entrée en agonie.

 

Phase terminale, paix – bientôt – à son âme… bip, bip, biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipppp !!

 


 

Les raisons de ma colère…

 

Lors de la réunion trimestrielle des parents d’élèves, nous débattons des problèmes récurrents d’une année sur l’autre, nos marronniers à nous, pauvres parents désabusés, un peu lassés de se battre seuls au côté d’une équipe d’enseignants qui peinent de plus en plus à assurer la mission de base de l’Education Nationale.

 

 

Le tableau ne s’arrange pas, il prend une teinte des plus noires où nous traçons avec des craies poussiéreuses quelques doléances qui seront vite effacées d’un revers de manche…

 


Soit l’équation à x inconnues de la ZEP (Zone d’Education Prioritaire) :

 

Première inconnue : où est passée l’ATSEM (agent territorial qui vient en renfort de la maîtresse d’école pour s’occuper des petits avec une véritable mission éducative), celle qui n’a pas survécu aux vacances scolaires (abandonnée au bord de l’autoroute, croupissante au fond d’une cage de la SPA …)? Curieusement, sa disparition a été constatée UNIQUEMENT dans les écoles classées ZEP… étrange… là où sa présence est la plus nécessaire…

 

Deuxième inconnue : comment assurer une mission de base avec des moyens qui fondent comme neige au soleil ? Même la fourniture de papier, crayons et autres feutres devient un véritable problème. Les enseignants en sont résolus à solliciter les parents pour le matériel minimal…

 

Troisième inconnue : comment confier encore ses enfants à une école qui manquent cruellement d’entretien, de garanties de sécurité (en exemple édifiant : un arbre menace de tomber sur les petits dans la cour de récréation sans que cela n’émeuve personne ! Et je ne parle pas des normes incendies et autres dont l’application fait peur.)

 

Quatrième inconnue : plus d’enfant que de chaises à la cantine depuis plusieurs années… devra-t-on bientôt tirer les  noms des chanceux au sort pour qu’ils mangent assis ailleurs que sur le sol ? Quoique … en transformant ce manque de matériel en jeu de « chaise musicale », les enfants pourraient apprécier la blague un bon moment…

 

Cinquième inconnue : le nombre des cars scolaires sont drastiquement diminués… une maîtresse a été contrainte d’emprunter (comprendre « prendre d’assaut ») un bus de ligne RATP avec toute sa classe de morveux de 4/5 ans pour se rendre à une animation éducative proposée par la ville. Je laisse imaginer l’ambiance dans le bus… Miracle, pas un seul enfant n’a été égaré dans la bagarre…

 

 

On pourrait me rétorquer qu’il ne s’agit que de détails, d’aléas dans la vie scolaire… peut-être pour les enfants dont les parents peuvent se permettre de « compléter » le travail des équipes éducatives (mais est-ce vraiment notre rôle de parents ?). Certainement pas pour les enfants qui évoluent dans un milieu social très dégradé  - et ils sont de plus en plus nombreux dans ma ville – et pour qui l’école est la seule structure stable et normale de leur existence.

 

Si vous trouvez la réponse à mon équation ZEPienne, je vous remercie chaleureusement de bien vouloir me la communiquer.

 

 


Récréation…

 

 

Histoire de rire un peu et de se détendre après cette leçon de mathématique imbuvable, je pose une devinette :

 

-          Quels sont les thèmes retenus cette année par l’Académie du Val de Marne pour les projets pédagogiques d’école ?


 

Vous ne trouvez pas ? Pas la peine de copier sur le voisin, voici la réponse :


 

REUSSITE-EQUITE-SOLIDARITE.

 


J’en vois deux au fond de la salle qui se bidonnent, ça va chauffer !

 


Bien sûr, il va sans dire que les écoles classées ZEP comme la nôtre trouvent ce pied de nez totalement hilarant, ah, ah,  ah !!!

 


 

Pour qui le bonnet d’âne ?

 


Entre la disparition de la taxe professionnelle, la crise mondiale qui n’en finit plus de porter le chapeau de tous les égarements, le désengagement de l’Etat dans la gestion locale, voire même notre bon maire qui, tentant d’enfler plus gros que le bœuf, s’est lancé dans la création d’un Boissy-Plage (!!!), on finit par ne plus savoir qui accuser d’être l’auteur de tous nos maux.

 

Nous ?

 

Mais la seule chose que je sais, c’est que nous allons droit dans une crise sociale où nous risquons tout simplement de voir se dresser les uns contre les autres « ceux qui ont tout » et « ceux dont les mains se referment sur le vide »… une crise qui aboutira à une nation profondément divisée qui ne se retrouvera plus dans ses fondements de pseudo-liberté-égalité-fraternité mais dans un communautarisme désastreux.

 

Pour la première fois, nous songeons à suivre le même chemin que nombre de nos connaissances qui ont baissé les bras et qui ont quitté la ville pour gagner des cieux plus cléments que ceux de Boissy-Zone…lassitude, quand tu nous tiens…

 

 

 

PS : Ma fille, avec un certain humour noir, a trouvé la réponse à l’équation ZEPienne...





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Sandrine Virbel

de l'écriture, de la littérature, de la culture, des connaissances mises en partage... ॐ
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soleildebrousse 29/11/2009 18:39


 Non, ce n'était pas mon propos. Ce que je voulais dire c'est que dans ce cas de figure on en arrive à trouver les solutions de façon individualiste. Quand je ne peux pas avoir ce que je veux
et que le système devrait me le donner, je le prend, je le ponctionne sur mes propres deniers, je trouve une solution individuelle (débrouille, montage financier personnel) etc... et c'est ça qui
est grave. Le système auquel je participe en tant que citoyen ne me permet pas de compter sur lui.


Sandy 29/11/2009 18:58


oui, je comprends ton propos pour le vivre au quotidien. Chez nous, on se débrouille de plus en plus par nos propres moyens puisque les solutions n'existent pas autrement.
Mais ça prend énormément d'énergie et nécessite aussi des moyens financiers...ce qui exlu d'office de plus en plus de personne.
A croire qu'il faut inventer un nouveau système...
Quant à mon propos de se recroqueviller dans une coquille, je suis tellement lasse de constater les murs qui se dressent de toutes parts que je commence à me demander à quoi ça sert de vouloir
continuer...


Thierry Benquey 27/11/2009 10:38


Désolant mais bien dans l'air du temps, le moins d'état devenant le pas de société du tout, juste des groupes d'interets qui ne luttent que pour les leurs. Affreux. Amitié. THierry


Sandy 29/11/2009 19:19


oui, c'est désolant... on fabrique des laissés-pour-compte à la pelle avec ce type de politique du désengagement... leçon de civisme...
Amitiés!


Virginie 25/11/2009 20:00


le constat est édifiant
comme quoi, la devise de ce projet pédagogique est loin d'être uneréussite mais +tôt une "douce" utopie.
L'éducation n'a pas à se substituer aux parents en matière d'éducation parentale si tu vois ce que je veux dire mais elle se doit d'assurer au minimum sont services déducation , mais comment le
peut-elle si elle n'a pas les moyens financier pour avancer et faire le minimum. En zep, il est sensé avoir+ de moyens pour favoriser la réussite et promouvoir les jeunes issus de ces endroits
difficiles. Tu parles, comme pour bcp de choses c'est de la poudre aux yeux. Je comprends dans un tel contexte, et dans d'autres d'ailleurs, les parents qui font le choix de l'école à la maison
quand ils en ont la possibilité.
J'en déduis que tu es en région parisienne, je ne connais pas si ce n'est Melun où nous avons résider 2 ans
Je suis attérée et je comprends ta lassitude, ta colère et je partage cet amer constat
Je ne sais pas quel avenir on prépare à nos enfants mais il n'est pas reluisant.
Je doute que notre président ait vraiment conscience de ce qui estentrain de se jouer en coulisse. Comme toi j'ai l'impression qu'une révolution sociale se profile. On ne pourra indéfiniement tiré
sur la corde.
Car quand on supprime quelque chose, style la taxe foncière, ou transfert une compétence de l'état aux régions, à un moment donné ou un autre c'est sur les cotribuables que cela retombe. Car si les
impôts régionaux ne cesse d'augmenter, en raison des trnafert de compétences, je ne vois pas les impôts sur le revenu, pour le commun des mortel, quand à eux diminuer en proportion de
l'augmentation de l'autre.  Je suis péssimiste et amer sur la suite des évènements. Je crains que les conflits sociaux ne deviennent légion...

Bises


Sandy 29/11/2009 19:25


Je ne suis pas très loin de Melun mais j'imagine que là-bas aussi, la situation ne doit pas être réjouissantes. Toutes ces villes de banlieues font les frais de la société qui ne sait plus où sont
les priorités. Préparer l'avenir sans penser aux jeunes, aux plus fragiles etc... c'est scier la branche où on est assis. A moins que l'on désire avoir une société à 2 vitesses avec les "nantis" et
les pauvres...
Quand je pense à des département comme le 93 (Seine Saint-Denis) le plus pauvre et le plus défavorisé de la région parisienne, je me demande comment ça va finir... c'est une poudrière là-bas au
propre comme au figuré. Mon département (Val de Marne, 94) est très contrasté avec des villes "zone" et des villes riches. On comptera les points dans quelques années...

Dernière anecdote, j'ai entendu la conversation d'une personne à la gare RER qui parlait de ma ville "en bas, c'est la zone, les ouvriers et en haut, les gens bien, les gens riches..." ...

Fission, friction?

bises


soleildebrousse 25/11/2009 18:43


Je te suis complètement.
je n'ai pas de solution sociale.
La seule que je vois est individualiste.
C'est ça qui est grave.
courage !


Sandy 29/11/2009 17:53


oui, on en vient à se dire qu'il faut se recroquevilleer dans sa coquille et préserver les siens... après moi, le déluge...