Les scribouilles

Quelques minutes plus tard, notre mère ouvre avec précaution la porte d’entrée tandis que nous retenons notre souffle.

 

La rue est étrangement silencieuse et une détestable chair de poule parcourt mon corps. Par l’entrebâillement de la porte, j’ai le temps d’apercevoir un tissu bariolé et rougi par le liquide épais qui recouvre une masse affalée sur notre pelouse.

 

Je baisse les yeux, je ne veux pas savoir ce que c’est ou plutôt de qui il s’agit.

J’ai trop peur de pouvoir mettre un nom sur un tas de chair humaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Nouvelle intégrale à paraître prochainement aux Editions Le solitaire »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



3ème partie

Sam 26 sep 2009 2 commentaires
La scène de l'arbre me rappelle une mère de clan Innu (montagnais) qui me disait que les arbres pouvaient prendre notre tristesse, voire nos douleurs. Il suffit de les enlacer et de leur demander poliment...
Thierry Benquey - le 28/09/2009 à 11h44
Tiens, je connaissais pas!
Comme quoi, on retrouve des points communs dans des cultures qui semblent très éloignées.
Sandrine Virbel
Cette deuxième partie est magnifique de douleurs, de sauvageries et d'émotions. En te lisant, on sent combien ce sujet te tient à coeur et tu as des phrases admirables. Et j'aime l'angle que tu choisis, nous donner à voir l'horreur à travers les yeux d'une enfant...
Pat - le 21/10/2009 à 10h55
comme tu le soulignes, ce sujet m'est particulièrement cher... peut-être parce que j'ai vécu cette indifférence des médias et des personnes alors que je trouvais incroyable de songer qu'un génocide se déroulait de nos jours... et que nous étions en partie responsables...
Sandrine Virbel